Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 18:26


Les jours d'anniversaire

c'est toujours comme ça

à travers les carreaux

je regarde le monde

avec de grands yeux tristes

comme Coluche,

dans Tchao Pantin


J'imagine que le temps passe

ce qui n'est pas forcément juste

alors j'ouvre le frigo de l'arrière-salle

et prends une bière

d'une main tremblante

je ne la bois pas

je lui laisse le temps

de s'évaporer


Des mômes qui braillent

des piétons, un putain de bruit

c'est comme la messe des espaces maudits

j'enfonce dans la chaine

un vieux disque de jazz

années 60, Sonny Stitt

avec le jazz organ de Charles Kynard

ça me fait du bien

ça coule dans mes veines


Ca lui aurait fait quoi ?

Je ne sais plus, je ne compte plus

même pas soixante

c'est jeune pour crever, non ?

j'appelle mon frère

mais aujourd'hui

nous n'avons rien à nous dire

juste écouter nos silences

sans les écourter


Je fume une cigarette

j'écris deux trois mots

sur chaque feuille

tissu misérable, indéchiffrable

une tristesse à la con

mélancolie à pleurer des larves

je ne crois pas en la mort

j'en ferai un poème


Toute la journée

un soleil obscène

à éclater les murs, m'éclate

les yeux. C'est pas de saison

ou alors de la leur

toute la journée, ma bière

a eu le temps de s'évaporer


17/09/09

Par LCbeat
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 21:57


Air opprimé, saturation de ne rien voir

ni croire,

les religions désossées pleurent

sur le parquet des usines désaffectées

à l'éther, la moiteur éternelle éternue

son nez chambranle d'une porte amnésique


avant,

machines ouvrières, jamais insatisfaites

des toiles, textes et salpêtre du verbe

peu d'hommes, peu de lumière

quelques bougies, l'encens humide

il en sortait cent poèmes à l'heure

écoulés au marché souterrain

de la peur dans l'oeil, du gel

glaires de poussière et

mais c'était avant


portes closes, le sang perle encore

si peu sur les murs striés d'anciens

et voluptueux silences

immense manufacture vide

boulons et organes

cancers volatiles et paroles

inaudibles


avant,

peu d'hommes, tant de mots

enchevêtrement maléfice

cantiques des suppliciés

les lecteurs invisibles tapissent

les couloirs des métros sans éclairage

quelques démons audacieux

balayant les vers, tessons d'effroi

jonchant le monde déjà sans vie

mais c'était avant


une ligne reste écrite

à l'infini, par-delà l'écrasement du temps

par-delà l'étouffante croyance en l'espace

il gît ici le dernier mot

la dernière femme de la création

le dernier enfantement fait croix

mythes et anachronismes luttent

à savoir qui de l'un survivra

aux décombres, ou de l'autre


avant,

un homme, parqué, cerclé de métal

écoute le chaos matriciel

quand je ne serai plus que deviendras-tu ?

lors, révoltes inutiles, gloires espérances

rien dans le crâne ne permet

de vivre ce tant d'années

ce tant d'errances hieroglyphes

nul ne saurait se soustraire sans combat

pourtant, l'oblitération obligatoire

des utopies urinaires, excrémentielles

jouit alors l'enfant à voir sans miroir

ce que demain révèle

à celui qui sait encore lire


13/09/09

Par LCbeat
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 09:45



Assis sur le rebord de nos amours

nous lisons Wilhelm Reich à voix haute

nous sommes les petits hommes.

Qui n'ont jamais cherché.

A grandir. Au sol, entre les bouteille

de bière ébréchées. Un ou deux scarabées.


J'admets alors la possibilité. D'autre chose.

Tu me regardes en pleurant.

Le Christ crucifié sur sa barque de bois

prend l'eau. Et se noie.

J'éclaire la lumière du Capricorne en fermant l'œil


Demain, dit-elle, je ne t'aimerai plus.

Je sonne les verres. A toutes les révélations.

Aux anneaux de Saturne. A notre mort

imminente. M'as-tu jamais aimé ?

Elle s'éteint. Une lune de fin de nuit

lasse de répéter chaque jour.

les mêmes choses. Les mêmes fausses idées


Je roule un tabac en quatre temps

dans une feuille estampillée Miles Davis


09/08/09

Par LCbeat
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 13:08



A leurs regards de purée molle

De poètes ferrugineux masquant le sable des clairières

Derrière d’immenses paravents d’idoles

Qui s’incombent et s’inhument comme des prières


A leurs ondoiements d’adagios incestueux

Mots morceaux et cannes à bises

Faisant la volte de la croche et du pieu

L’excavation de drôles de tumeurs d’églises


A leurs vibratos masseurs de rêves

Cette sœur nue face à l’autel des crucifiés

Jouant du plumard comme on s’enivre de brèves

Anachronismes fourchus et langues béliers


A leurs bras tendus en fils de soie

Fils de rien et filles de foire

Tapinant l’humide conception de la voix

Qui du fier comme de l’esclave glissent tous les soirs


A leurs organes probatoires d’institutions belliqueuses

Tous ces poètes pendus aux rythmes bossa

Brusquant le vide pour faire paraître l’anxieuse

Cathédrales épuisées de fumer des super nova


A leurs manières de singes en rut

A leurs misères de flingues en butte

Aux proies sous-jacentes des délirium

A ces formes d’inespéré qu’est l’ultimatum

Aux poésies cavaleuses de sperme insipide

Aux enfants-fellations appelés Vide

Aux hôpitaux psychiatriques et aux démons

Aux grands appels des ouragans d’environ

Cent sept vers se souvient l’amnésique

Aux dieux et déesses alcooliques


Je murmure l’affamé poème de dix mille pieds

Ne croyez en rien de sucer des couronnes verbeuses

Je cris et ploie l’audace des lunes démembrées

Amez-vous les uns les armes sur les collines merdeuses


28/08/09

Par LCbeat
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 22:16




A la terrasse d’un café

Dans une rue sombre de Syracuse

Un jazz éthiopien comme une idée

Me tord les doigts et me récuse


Je n’irai plus danser dans les gouffres

Temples païens et dogmes iniques

Qui sentent l’urine et le soufre

J’écris mes lois sur table métallique


Où l’on entend la prière, vibrent les douleurs

Où l’on perçoit l’hypocrisie du prêche

Règnent les enfants sans mère ni odeurs

Je laisse ma main vide flâner la mèche


C’est un souvenir sans princesse ni reine

Sans déesses ni obscures indécences

C’est un souvenir parmi l'arène

Où combattent d'effroyables démences


A la terrasse d’un café

Dans une rue sombre de Syracuse

Un jazz éthiopien comme une idée

Me tord les doigts et me récuse


L’une me pend les doigts sur ses déluges

Punaises accouchant d’une temporalité

Enfant-parabole des poésies ignifuges

L’autre me tend ses rêves et ses méfaits


Nous sommes trois femmes labyrinthiques

Perdues dans les bolges de Syracuse

Ivres de l’alcool et des cigares électriques

Colporteurs des ténèbres du rythm & blues


La gueule et l’œil ouverts sur les principes étourdis

J’écris le dernier poème avant inhumation

D’avant l’avant, au-delà des vents alourdis

Par la perte des repères de bières en crémation


A la terrasse d’un café

Dans une rue sombre de Syracuse

Un jazz éthiopien comme une idée

Me tord les doigts et me récuse


J’apprends l’estocade qui me fera reine

Le souffle du sein sur le bois d’éternel

Polissant mon corps à en enfreindre les veines

Ce sang qui flotte sur les berges rebelles


Ainsi des mots et des issues de secours

J’éclaire les supplices des cantiques

Du doigt perché sur le faîte de la tour

Qu’il en soit que je mime l’amnésique


Pour ne pas boire le dernier verre

Je fais la poésie des velours caverneux

Je brise le sceau des conventions du vers

Si tu es une reine, alors, celle des silences cancéreux


A la terrasse d’un café

Dans une rue sombre de Syracuse

Un jazz éthiopien comme une idée

Me tord les doigts et me récuse


06/09/09

Par LCbeat
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